Sur la DADVSI et ceux qui s’en préoccupent à Marseille

J’étais à la table-ronde de F.Dutoit podcastée par Annie Viglielmo
Ce post a été publié sur les blogs de F Dutoit et celui d’Annie, en commentaires.

Il y avait pas mal de gens plus intéressés par une occasion de s’opposer, de combattre et de brandir des étendards, que de réfléchir vraiment ensemble sur quoi faire, et comment.
Le vieux cirque militant, quoi.

1) j’apprécie l’intelligence politique et le sens de l’ouverture que ça signifie, surtout chez un communiste. Pas vraiment dans la ligne (je veux dire dans les habitudes de ses camarades) et c’est à noter. J’étais assez content de rencontrer un politique qui se choisit ce genre de cheval de bataille, plutôt que de revendiquer le conservatisme habituel. (mais je ne voterai pas pour autant communiste, à titre personnel, même si Loic Le Meur le fait !)

2) je ne crois pas du tout aux vertus de la licence globale. Par principe et par expérience les systèmes de taxe aveugle sont injustes, inefficaces et génèrent un mauvais niveau de redistribution.
Ensuite, c’est retomber dans le pire travers de l’intermittence du spectacle : la “fonctionnarisation” des artistes, en les rémunérant sur une collecte de fonds qui s’apparente plus à l’impôt qu’à la reconnaissance de leur talent par le public.

3) il y a un grave malentendu avec les DRM : en anglais il s’agit, si je traduis correctement, de “gestion des droits numériques”, et en français on a appelé ça les mesures techniques de protection.
Il y a loin de la gestion à la protection.

4) Plus sur les DRM (et ça a été dit, mais ça n’est pas vraiment le cheval de bataille de tous les “opposants”) : la question de l’interopérabilité, notamment pour la musique ; mais c’est aussi vrai pour les textes d’ailleurs, et pour les images ou la vidéo, les formats n’étant pas nécessairement compatibles ; voir à ce sujet les questions de transfert et d’affichage sur les terminaux mobiles.
C’est là le vrai danger, tant pour la liberté de choix, de consultation et de prêt, que pour la question de la pérennité de l’accès. Ca a été très bien dit par les personnes qui travaillent en bibliothèques. Imaginons un peu qu’une société détienne le monopole de l’encre, ou celui du papier.
D’ailleurs, à la Libération (après guerre) ç a fait l’objet d’une législation très forte pour garantir la liberté de la presse, donc le débat politique et l’information générale.

Je ne suis pas opposé, en tant qu’entrepreneur aussi bien que “philosophiquement” à la notion de protection de droits légitimes. Mais il ne s’agit pas de ça en fait, mais simplement de la lutte à mort (économique) entre les empires d’hier (les majors, les éditeurs, les sociétés de droits) et les aspirants empires de demain, qui eux viennent de l’informatique, de l’internet et des telecoms.

Je ne vois qu’une seule voie : la réappropriation de leurs droits initiaux par les artistes “responsables”. Les autres resteront des machines à faire du cash pour les empires (les anciens aujourd’hui, les nouveaux demain).
A côté pourrait se développer une autre façon pour les artistes de se produire, de se promouvoir, de se diffuser, en assumant totalement (je souligne totalement) les responsabilités qui vont avec les droits.
quelques-uns l’ont compris. Mais il reste un sacré chemin à faire dans ce monde d’individualités souvent soulagées de ne pas “se salir les mains” avec ces questions très ennuyeuses dont veulent bien se charger les maisons de prod et les autres.

Merci à Annie et à F. Dutoit de ces belles occasions de faire - un peu - avancer les choses.

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